BIM et contrôle technique : regards croisés

Une meilleure vue d’ensemble d’un projet, des échanges facilités entre les acteurs, une traçabilité des informations, une réduction des erreurs… Les nombreux avantages du BIM permettent aux contrôleurs techniques d’effectuer leur travail de contrôle sur un projet mieux conçu et de gagner du temps. Mais la maquette numérique implique aussi une évolution de leurs process. Regards croisés d’un expert de l’assurance de responsabilité des concepteurs et de deux spécialistes du contrôle technique.


Une adaptation au BIM nécessaire pour les contrôleurs techniques

 

Le BIM peut modifier les conditions d’intervention des différents acteurs dans l’acte de construire. Il est donc nécessaire de bien définir les rôles de chacun. Michel Klein, Directeur des sinistres de MAF Assurances, pointe que « le contrôleur technique, doit lui aussi, s’intégrer au process BIM pour remplir au mieux ses missions de vérification du respect de la réglementation et de prévention des risques. »

 

Adopter le BIM ne signifie pas pour autant un changement de rôle pour ce corps de métier. « Le Contrôleur Technique est une tierce partie indépendante, qui doit avoir un regard externe et critique sur les projets, précise David Rétière, responsable d’activité AMO / GPI chez SOCOTEC.Le BIM fait évoluer le métier tant sur le plan technologique (viewer, tablettes, …) qu’en termes de management de projet au travers de l’utilisation de la plateforme collaborative. Nos chargés d’affaire et intervenants collaboreront sur la maquette numérique à l’aide d’outils métier spécifiques en cours de développement chez SOCOTEC. Cette évolution numérique passe également par des actions de formations pour tous nos collaborateurs concernés. Enfin, nous devons également être partie prenante du PTNB (Plan de Transition Numérique du Bâtiment) par l’intermédiaire de la COPREC (notre fédération professionnelle) afin que notre métier soit pleinement intégré dans les conventions BIM. »

 

Les changements impliqués par le BIM exigent de s’y préparer. « Nombreux sont les contrôleurs techniques, Coordonnateurs SPS et AMO HQE qui travaillent aujourd’hui sur des projets BIM et s’aident de la maquette pour motiver leurs avis. Pour que nos responsables de missions soient capables d’utiliser la maquette numérique et de s’insérer dans un projet mené en BIM, il nous a semblé important de mener une campagne de formation », relate Fabrice Kerlogot, Référent BIM chez BTP Consultants.

 

Mettre en place des protocoles

 

Au-delà des adaptations de chacun, un impératif ressort : clarifier les règles concernant l’intervention des contrôleurs techniques sur la maquette numérique. Pour Fabrice Kerlogot,« bien qu’il y ait beaucoup d’interrogations sur la réglementation et l’adaptation du BIM Anglo-Saxon au modèle Français, il est actuellement tout à fait possible de mener une opération en BIM (en loi MOP ou pas), dès lors que les rôles de chacun sont bien définis. » Selon Michel Klein, le BIM doit être encadré par les acteurs eux-mêmes,« notamment par la mise en place de conventions, de contrats de mission correctement rédigés permettant de ne pas générer un contentieux.» Chez SOCOTEC, un protocole d’intervention est ainsi en cours d’élaboration.« Nous voulons définir clairement ce sur quoi porteront nos interventions dans la maquette et ce que nous ne ferons pas. Il nous semble important par exemple que les contrôleurs techniques n’agissent que sur une maquette finale verrouillée, afin que le contrôle soit pertinent », conclut David Rétière.

 

Cet article a été rédigé à partir d’une interview de M. Rétière de SOCOTEC par Mediaconstruct et d’un article fourni par BTP Consultants.

 

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