L’adoption du digital dans la construction devrait permettre une réduction de 15-20% des coûts d’ici 10 ans

L'industrie de la construction est à un tournant de son histoire. Dans cette industrie dont la productivité est stagnante depuis les années 60, le digital est en train de changer la donne. Les technologies telles que BIM, l'impression 3D, les Data Analytics, la robotique ou les drones engendrent une réduction des coûts importante. Les délais de livraison sont améliorés, tout comme la qualité et la sécurité des constructions.


Dans le rapport Digital in Engineering and Construction: The Transformative Power of Building Information Modeling, le Boston Consulting Group démontre que l'industrie de la construction pourrait économiser de 15 à 20% des coûts totaux de ses projets d'ici 10 ans, en adoptant les technologies digitales et notamment le Building Information Modeling (BIM).

 

La plupart de ces innovations (capteurs ou softwares en particulier) sont déjà mises en œuvre en Europe dans des projets tels que le Crossrail londonien qui doit desservir le Grand Londres en 2018, ou les travaux de restauration de la basilique de la Sagrada Familia à Barcelone. Comme toutes les technologies disruptives, elles font face à des résistances avant d'être adoptées de façon plus générale.

"Lorsque les groupes décident de se lancer, il est nécessaire qu'ils soient bien accompagnés pour saisir toutes les opportunités et bien mesurer les implications sur leurs organisations, aux différentes phases de la construction : Design & ingénierie, construction et opérations...", explique Romain de Laubier, porte-parole de ce rapport et responsable du centre d’expertise globalisation du BCG Paris.

 

La plupart des nouvelles technologies de réalité virtuelle sont aujourd’hui applicables à l’ensemble de l'industrie des BTP et interviennent tout au long de la chaîne de construction : interfaces utilisateurs et applications Big data & Analytics, simulation et réalité virtuelle, interfaces mobiles et réalité augmentée, Building Information Modeling, connectivité et tracking, scanner 3D, etc. Côté capteurs et matériel, les équipements de protection intelligents assurent une meilleure sécurité, tandis que la robotique améliore la productivité. Les drones permettent la surveillance de certains chantiers. Les capteurs intégrés améliorent l'entretien des bâtiments sur le long-terme. Dans le détail, la digitalisation à grande échelle dans le secteur des constructions non-résidentielles devrait produire des économies de l’ordre de 700 milliards à 1 200 milliards de dollars à l’échelle mondiale (13 à 21% d'économies).

 

Pour la construction d'un immeuble de bureaux de 10 000m2, la transformation devrait réduire les coûts de 15% (de 49 à 41 millions de dollars). Pour celle d’une autoroute de 100km, la réduction de coûts devrait atteindre 16% (de 285 à 240 millions de dollars).

 

"Pour capter tout le potentiel du BIM, les acteurs du secteur de l’ingénierie et de la construction devront suivre plusieurs étapes, analyse Romain de Laubier. Il s'agira d'abord de construire des équipes intégrant des salariés maîtrisant les nouvelles compétences digitales. Il faudra également identifier les technologies les plus adaptées aux problématiques rencontrées. Enfin le recours à des tierces parties pourra s'avérer utile pour compléter les compétences digitales en interne."

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