BIM : les métalliers, un pied dans les starting-blocks

Depuis fin 2014, l’Union des Métalliers de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) œuvre afin que le BIM devienne un outil stratégique pour les entreprises de métallerie. En mars dernier fut lancé la première étape : un sondage offrant un état des lieux de la connaissance et de l’usage du BIM au sein de ce corps de métier. Jérémy Trouart, ingénieur développement technique au sein de l’Union, partage les résultats.


L’Union des Métalliers de la FFB regroupe notamment la serrurerie, la ferronnerie d’art, la menuiserie métallique, la charpente métallique ou encore la métallerie traditionnelle. Des entreprises appartenant à ces divers métiers furent interrogées lors du sondage interne mené en mars 2015. L’objectif ? Identifier leur approche de la maquette numérique en vue de les convaincre de son utilité.

 

Une initiative interne

 

Le BIM étant un projet d’ampleur au sein de la FFB, l’Union des Métalliers était déjà consciente des enjeux qui l’accompagnent. Pour autant, « le sujet a été amené par un de nos métalliers qui gère la Commission Innovation, Evolution et Prospectives, explique Jérémy Trouart. Si pour certains le BIM fait déjà partie du métier, nous avons souhaité savoir ce qu’il en était pour l’ensemble des membres de l’Union des Métalliers. Nous avons donc lancé un sondage comprenant 30 questions portant sur des sujets comme les activités menées, les marchés, la connaissance du BIM, le langage informatique, les difficultés rencontrées, etc. »

 

La conception, clé de l’intérêt porté au BIM

 

Les résultats du sondage ont permis d’identifier les entreprises de métallerie les plus concernées par le BIM. « Parce qu’ils impliquent des travaux de conception, les métiers de menuiserie métallique, métallerie traditionnelle et charpente métallique sont d’ores et déjà sensibilisés au BIM, analyse Jérémy Trouart. Autre élément clé : les bureaux d’études techniques. Les TPE/PME qui disposent d’un BET intégré sont davantage prêtes à passer au BIM, voire ont déjà commencé à l’utiliser pour certaines. » Or, notons qu’environ 70% des entreprises membres de l’Union comptent un BET en leur sein. La maquette numérique a donc vocation à toucher un large éventail de métalliers.

Notons que si la majorité des sondés utilisent leurs logiciels pour le dessin, le chiffrage arrive en seconde position, avant l’organisationnel. « Nous communiquons donc non seulement sur la partie conception, mais aussi sur le BIM Métré », précise Jérémy Trouart.

 

Prêts à prendre le train en marche

Dévoilés durant un atelier dédié au BIM lors des Assises de la Métallerie d’avril 2015, les résultats du sondage ont permis d’exposer la réalité du sujet aux métalliers. « Nous avons d’abord communiqué sur la nécessité d’avoir des logiciels à jour. Or parmi les sondés, 81% affirment disposer d’un parc informatique performant et 8% très performant. Ce sont des entreprises qui ont a minima, déjà entendu parler du BIM. Dès lors que nous leur apporterons des outils efficaces, elles prendront le train en marche. Ce qui signifie que la grande majorité est prête à faire le pas », se réjouit Jérémy Trouart. De plus, pour 70% des sondés, le BIM fait partie d’une stratégie d’entreprise à moyen terme (et 15% à long terme). Une vision très prometteuse.


Des avantages concrets présentés

Certains métalliers ont d’ores et déjà mené des projets en BIM. C’est le cas notamment de l’entreprise CMR qui a travaillé sur la ligne B du métro de Rennes (lots gros-œuvre et ventilation). Un projet présenté lors des Assises de mai 2015. « A l’origine, le métallier de CMR ne pratiquait pas le BIM. Ayant constaté que c’était une nécessité pour obtenir le marché, il s’y est mis et y a de suite vu l’intérêt. Bien que la conception en BIM puisse parfois être un peu plus chronophage, la communication entre métiers est améliorée, offrant un gain de temps lors de la pose. Ainsi dans le cas de la charpente, la maquette permet de prévoir non seulement les trous à réaliser, les fixations et les assemblages mais aussi d’anticiper les interventions des autres métiers (le passage de gaines par exemple). Le BIM rassemble toutes les informations et réduit les risques d’erreurs en optimisant l’organisation » argumente Jérémy Trouart.


Si l’atelier de mai 2015 fut l’occasion d’informer et de rassurer les métalliers sur le BIM, ce n’était là qu’une première étape. « La deuxième sera lancée lors des Assises du 2 juin 2016. Nous entrerons dans le concret avec un ensemble de partages d’expériences. La transition se fait en douceur mais elle se fait dès maintenant », conclue Jérémy Trouart.


Source: Mediaconstruct

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