BIM : "Eviter les incompréhensions sur le chantier"

Inteview de Stéphane Alrandis, Gérant du Bureau d’Etudes CT3E à Troyes. Dans cet article il raconte son expérience et ses projets BIM.


Qu’est-ce qui vous a amené à utiliser le BIM ?

Stéphane Arlandis: J’ai adopté le BIM très récemment, dès le début 2015. C’est le gain de temps qui m’a d’abord motivé. Un autre avantage considérable : il y a beaucoup moins d’erreurs d’application des plans entre la conception et la mise en œuvre. Auparavant, tout le monde travaillait dans son coin. On s’exposait forcément à des « clash » entre une conception qu’on croit parfaite mais qui se confronte mal à la réalité du chantier. Avec le BIM, il y a une cohérence qui permet d’éviter un grand nombre d’incompréhensions sur le chantier.


Le BIM vous aide dans vos relations autour d’un projet ?

S.A. : C’est un gros plus. Avec le BIM, on peut faire du quantitatif pour les artisans. Ils savent les quantités exactes de matériaux à commander. Le chantier s’en trouve optimisé. Mais si le BIM commence à venir chez les architectes, les ingénieurs et les fabricants de matériaux, rares sont les petites entreprises du bâtiment qui sont équipées et qui puissent même s’équiper.

Il y a également le volet exploitant qui commence à poindre. Pouvoir échanger via le BIM avec le Maître d’ouvrage facilite les choses.


Sur quel type de projet avez-vous appliqué le BIM jusqu’à présent ?

S.A. :Nous avons travaillé sur une rénovation d’un bâtiment du XVIIIème siècle à Troyes. C’était un projet complexe, sur un Bâtiment de France. Le BIM nous a permis d’atteindre la labellisation BBC Rénovation via Promotélec, avec des systèmes de chauffage entièrement électriques. Il a fallu assurer une rénovation énergétique sans volets extérieurs, sans bouches d’extraction de façade. C’est une belle opération qui utilise notamment du béton de chanvre.

Nous avons également modélisé un bâtiment circulaire des années 1960 sur Revit. Cette modélisation nous a permis de rectifier un problème de climatisation manquante, dès l’amont.


Quelles sont vos prochaines étapes avec le BIM ?

S.A. : Nous sommes en train de développer des objets connectés pour relever automatiquement les données de consommation via GPRS. Cela va grandement faciliter nos audits énergétiques. Toutes ces données seront intégrées dans le plan numérique du bâtiment et aideront à sa gestion par l’exploitant.

Nous intégrons le Scan 3D dans nos process, pour les gros projets de rénovation, avec des drones et en intérieur.

Nous voulons aussi mettre en place une impression 3D liée au BIM. On imprime une maquette au 2/100ème pour la poser sur le cadastre. Les Maîtres d’ouvrage aiment également les maquettes physiques, elles les aident à mieux visualiser le bâtiment.


Selon vous, comment le BIM est-il perçu par le secteur ?

S.A. : Il est clair que c’est une nouvelle façon de travailler et il faut nous y mettre. L’accueil de ce nouvel outil varie d’une profession à l’autre. Les ingénieurs suivent, mais ils ont du mal à faire la démarche de se former. Les architectes sont réticents face au partage de leurs données. Ils tiennent beaucoup à leur droit à l’image, mais s’ils s’ouvraient plus, il y aurait moins d’erreurs sur les chantiers.


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